établissement Interdépartemental
pour la Démoustication du littoral Atlantique

Des vecteurs potentiels de maladies

Suite à l’expertise collégiale réalisée par l’IRD en 2009, tous les moustiques sont aujourd’hui considérés comme des vecteurs potentiels de maladie.               

 

Le moustique : un vecteur potentiel de maladiesCertains insectes sont vulnérants, allergisants, irritants (guêpes, frelons), d'autres sont hôtes intermédiaires de parasites ou transporteurs passifs d’agents pathogènes (moustiques, simulies, phlébotomes). Parmi les hématophages (se nourrissant de sang), les moustiques sont les premiers vecteurs de maladies au monde.

Un vecteur est un arthropode hématophage qui assure la transmission biologique active d’un agent pathogène (virus, bactérie, parasite) d’un vertébré à un autre vertébré.

En piquant un individu infecté, les moustiques peuvent prélever un agent infectieux. Après une phase d’incubation dans leur organisme, les moustiques infectants deviennent alors vecteurs de la maladie et peuvent la transmettre à des individus sains.

Pour la première fois en 2010, des cas autochtones de dengue (2 cas) et de chikungunya (2 cas) ont été signalés en métropole dans les départements des Alpes-Maritimes et du Var, soulignant ainsi la possibilité de voir se développer ces maladies dans les départements où le moustique vecteur, Aedes albopictus, est implanté.

Brochure INPES « Comment pourrait survenir une épidémie de chikungunya […] »

L’étude des vecteurs constitue l’entomologie médicale et vétérinaire. Cette discipline scientifique consiste à étudier le rôle des Arthropodes (insectes et acariens) en santé humaine et animale. Près de 80% des moustiques inventoriés sur le territoire d’intervention de l’EID Atlantique, présentent des compétences vectorielles connues.

Les principales maladies transmises par les moustiques sont :

  • Paludisme-malaria (parasite) : grâce aux efforts de lutte, le nombre de décès dus à cette maladie a été réduit à moins de 1 million en 2012 (1 décès toutes les minutes). Présente en Métropole jusque dans les années 1950, réapparue en Grèce depuis 2010, la maladie est transmise à l'homme par la piqûre de moustiques appartenant à la sous-famille des Anopheles.
  • Dengue (virus) : aussi appelée "grippe tropicale", plus de 50 millions de cas annuels dont 500 000 cas de dengue hémorragique mortels dans 20% des cas, 1ère épidémie à Madère en 2012, 1 cas autochtone en France métropolitaine en 2013.
  • Fièvre jaune (virus) : maladie virale décrite pour la première fois au milieu du XVIe siècle au Yucatán (Mexique), responsable d'au moins 30 000 morts au creusement du canal de Panama. Elle est due au virus amaril isolé en 1927. Aujourd’hui, la maladie est endémique en Afrique noire et dans le bassin amazonien en Amérique du sud, mortelle dans 20 à 60% des cas. Son réservoir est animal (singes). Cependant, un excellent vaccin (virus vivant atténué) existe, le seul figurant au Règlement Sanitaire International. Cette maladie est transmise à l’homme par la piqûre de moustique appartenant au genre Aedes.
  • Chikungunya : au moins 2 millions de cas par an, 300 000 cas déclarés sur l’Ile de la Réunion en 2006, 300 cas autochtones en Italie du Nord en 2007 et 2 cas autochtones en France métropolitaine en 2010. Transmis à l’homme par la piqûre de moustiques appartenant au genre Aedes notamment Aedes Aegypti et Aedes albopictus. Depuis l’arrivée du virus sur l’île de Saint Martin en décembre 2013, la 1ère épidémie majeure de chikungunya sur le continent américain s’est étendue aux départements Français d’Amérique provoquant plus de 100.000 cas (au 1er août 2014) et s’est propagée aux pays limitrophes de l’arc caraïbe.

  • Fièvre à virus West Nile : maladie émergente transmise à l'homme par la piqûre de moustiques du genre Culex, le virus est notamment transporté par les oiseaux migrateurs. En 2013, 785 cas ont été recensés en Europe.